Les Soins Palliatifs

Auteurs : Benoist FAUVILLE, Psychologue Clinicien

« Les soins palliatifs sont des soins actifs, continus, évolutifs, coordonnés et pratiqués par une équipe pluri-professionnelle. Ils ont pour objectif, dans une approche globale et individualisée, de prévenir ou de soulager les symptômes physiques, dont la douleur, mais aussi les autres symptômes, d’anticiper les risques de complications et de prendre en compte les besoins psychologiques, sociaux et spirituels, dans le respect de la dignité de la personne soignée. Les soins palliatifs cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables et se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Selon cette approche, le patient est considéré comme un être vivant et la mort comme un processus naturel. Les soins palliatifs s’adressent aux personnes atteintes de maladies graves évolutives ou mettant en jeu le pronostic vital ou en phase avancée et terminale, ainsi qu’à leur famille et à leurs proches. Des bénévoles, formés à l’accompagnement et appartenant à des associations qui les sélectionnent peuvent compléter, avec l’accord du malade ou de ses proches, l’action des équipes soignantes ».

Source : Site de la SFAP

Les soins palliatifs
 

PRINCIPES DE PRISE EN CHARGE DES PATIENTS EN SOINS PALLIATIFS

  • Le respect du confort, du libre arbitre et de la dignité
  • La prise en compte de la souffrance globale du patient
  • L’évaluation et le suivi de l’état psychique du patient
  • La qualité de l’accompagnement et de l’abord relationnel
  • L’information et la communication avec le patient et ses proches
  • La coordination et la continuité des soins et la prise en compte des besoins spirituels
  • La prise en charge de la phase terminale et de l’agonie
  • La préparation au deuil, la prise en charge des problèmes sociaux et familiaux

MODALITES DE PRISE EN CHARGE DES PRINCIPAUX SYMPTOMES

  • Douleurs
  • Asthénie, immobilité
  • Anxiété, dépression, troubles du sommeil
  • Syndromes confusionnels
  • Sécheresse de la bouche et ulcérations buccales
  • Escarres, plaies malodorantes, oedèmes, prurit
  • Dyspnée
  • Toux, hoquet rebelle
  • Dysphagie
  • Nausées, vomissements
  • Anorexie, cachexie
  • Déshydratation
  • Troubles du transit: constipation, occlusion, diarrhée
  • Troubles urinaires
  • Source : Modalités de prise en charge de l’adulte nécessitant des soins palliatifs, recommandations Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé, 2012

 

Définition des soins palliatifs: explication de texte

« Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle.»

Le terme «actif» répond à l’abandon évoqué ci-dessus. L’approche globale est une des notions fondamentales et fondatrices des soins palliatifs. Le patient est avant tout considéré comme une personne unique, un sujet avant d’être un «patient» ou un «malade». La douleur et la souffrance constituent les priorités d’action, mais une attention toute particulière est apportée aux répercussions sociales (isolement voulu ou subi, difficultés financières, incompréhension des proches), et spirituelles (au sens large et non seulement religieux mais au niveau existentiel, d’histoire de vie). Avec la dimension psychologique (tristesse légitime, mais également ressources personnelles pour rebondir), ces éléments ont autant d’importance que la souffrance physique!

«Les soins palliatifs et l'accompagnement sont interdisciplinaires. Ils s'adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, à domicile ou en institution. La formation et le soutien des soignants et des bénévoles font partie de cette démarche.»

L’interdisciplinarité est fondatrice des soins palliatifs puisque des professionnels de santé et des non-professionnels se sont unis, malgré des différences certaines. Au sein des équipes, cela se manifeste par une organisation «horizontale» de la hiérarchie: sur une situation donnée, le point de vue de chacun, qu’il soit médecin, psychologue, aide-soignant, bénévole, etc. a le même poids et la même valeur. Certains auteurs expliquent cette logique comme un refus du «paternalisme médical» qui peut décider de faire trop (euthanasie, acharnement thérapeutique) ou trop peu (abandon lorsque l’on ne peut plus guérir), vers une construction d’une «éthique du maternage»: protéger, guider, informer, accompagner avec en tête les principes d’autonomie, de justice (équité), de bienfaisance et de non-malveillance. En somme, placer le patient au centre des décisions et informations qui le concernent! Les formations permettent aux professionnels et bénévoles d’intégrer ces points de repères à leur pratique quotidienne.

«Les soins palliatifs et l'accompagnement considèrent le malade comme un être vivant, et la mort comme un processus naturel. Ceux qui dispensent des soins palliatifs cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables (communément appelés acharnement thérapeutique). Ils se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Ils s'efforcent de préserver la meilleure qualité de vie possible jusqu'au décès et proposent un soutien aux proches en deuil. Ils s'emploient par leur pratique clinique, leur enseignement et leurs travaux de recherche, à ce que ces principes puissent être appliqués.»

La suite logique de ces réflexions est le refus de l’acharnement thérapeutique, de considérer le «mourant» comme un être désirant ayant droit au choix (et donc au refus!). Les soignants tentent donc de privilégier la qualité de la vie plutôt qu’une «quantité» de vie déraisonnée. La mort est ainsi considérée comme un processus naturel qu’il ne faut ni hâter ni repousser, mais dont les soignants ont pour missions de réunir tous les éléments nécessaires pour que ce moment intime se passe dans des conditions les plus confortables possibles (en prenant également garde de ne pas entrer dans un «acharnement relationnel»!) C’est-à-dire de respecter l’intimité familiale de ce moment singulier. La pratique, l’enseignement et la recherche sont primordiaux dans l’avancée des soins palliatifs puisqu’ils permettent de maintenir le mouvement dans une constante remise en question, en évitant ainsi de se réduire à un dogme, une sorte de version unique d’un «bien-mourir».