L’accès aux soins pour tous. Partout. Sans conditions.

La Brève du DAC #33

Cliquez ici pour télécharger la Brève du DAC #33 au format PDF

Colbert, l’inclusion en actes : l’Adapei 58 réinvente le vivre-ensemble

En plein cœur de la ville, à deux pas de l’agitation urbaine, se cache une initiative unique en France : l’Espace Inclusif Colbert. Né d’un rêve un peu fou, souvent moqué à ses débuts, ce projet porté par l’Adapei 58 est aujourd’hui un modèle vivant d’inclusion. : crèche, restaurant, formation, habitat… Tout a été pensé pour permettre aux personnes en situation de handicap de vivre pleinement leur citoyenneté, sans cloisonnement, dans un environnement ouvert à tous.

Changer le regard : la philosophie de l’inclusion à l’Adapei 58

« L’inclusion ne se décrète pas, elle se construit ». Cette phrase résume à elle seule l’essence de l’Adapei 58. Depuis cinq ans, l’association œuvre à déconstruire les préjugés et à ouvrir les structures de droit commun aux personnes en situation de handicap. Il ne s’agit plus de créer des espaces à part, mais bien de permettre à chacun d’exister, de travailler, d’habiter, d’apprendre dans les mêmes lieux que tous les citoyens. « Ce que nous voulons, c’est que les personnes en situation de handicap vivent parmi les autres citoyens, pas qu’elles restent entre elles dans des établissements spécialisés », insiste Corinne Charbonnier, Présidente de l’Adapei 58. C’est de cette volonté qu’est né le projet Colbert, conçu comme un véritable parcours de vie : de la petite enfance à l’âge adulte, de la formation au logement autonome, de l’insertion professionnelle à la vie sociale.

La crèche inclusive : un levier puissant de transformation

L’un des symboles les plus marquants du projet Colbert est sans doute sa crèche inclusive. Accueillant vingt enfants, dont la moitié sont en situation de handicap, elle est bien plus qu’un simple lieu de garde. C’est un véritable terrain d’apprentissage de la différence dès le plus jeune âge. Ici, les enfants partagent les mêmes espaces, les mêmes jeux, les mêmes éducateurs. Les professionnels bénéficient d’un accompagnement renforcé, et les familles, qu’elles soient concernées ou non par le handicap, se rencontrent, échangent, apprennent ensemble. « Beaucoup de parents d’enfants valides ont volontairement choisi cette crèche pour initier leurs enfants à la diversité humaine ». C’est aussi un lieu qui permet aux parents d’évoluer. « Les parents ont souvent des préjugés, mais ici ils découvrent une autre réalité. La différence ne fait plus peur. Elle devient simplement une autre manière d’être ».

Former pour comprendre, comprendre pour inclure

L’un des piliers du projet est aussi la formation. L’Adapei 58 a développé un centre de formation intégré à l’espace Colbert. L’objectif ? Former les professionnels, les collectivités locales, les citoyens, à mieux comprendre le handicap et à mieux interagir avec les personnes concernées. Les formations sont multiples : comment intégrer un collègue porteur de handicap ? Comment adapter sa communication ? Quels outils pour favoriser l’inclusion ? « Souvent, l’exclusion vient de la peur et de la méconnaissance. Plus les gens sont informés, plus ils osent ». Cette dynamique de sensibilisation dépasse les murs de l’espace Colbert. Des partenariats ont été noués avec les institutions locales, mais aussi avec des acteurs économiques. « Nous travaillons avec le Medef, parce que les entreprises ont un rôle essentiel à jouer. Elles sont un levier majeur de l’inclusion ».

Le Bouillon Colbert : un restaurant pas comme les autres

À première vue, le Bouillon Colbert ressemble à n’importe quel bistrot moderne et accueillant. Mais derrière les fourneaux et en salle, ce sont des salariés en situation de handicap qui assurent le service, épaulés par une équipe professionnelle aguerrie. Il ne s’agit pas d’une entreprise adaptée, mais d’un véritable restaurant traditionnel, où les employés en situation de handicap sont mis à disposition dans un cadre adapté à leurs capacités et besoins. Emploi du temps spécifique, encadrement sur mesure, mais exigences professionnelles bien réelles. « Ce n’est pas un terrain d’expérimentation. C’est un lieu de production, un lieu où les personnes montrent ce qu’elles savent faire ». Et ça fonctionne. Le restaurant est devenu un lieu prisé, apprécié pour sa cuisine, son ambiance et l’accueil chaleureux de son équipe. Un symbole concret que l’inclusion est non seulement possible, mais qu’elle enrichit l’expérience de tous.

Habiter en ville, en toute autonomie

Le projet Colbert comprend également deux appartements inclusifs, achetés dès le début de l’initiative. Occupés aujourd’hui par des personnes en situation de handicap, ces logements sont au cœur de la ville, parfaitement intégrés dans la vie quotidienne. Ombeline, jeune femme atteinte de trisomie 21, est l’un des visages emblématiques de cette réussite. Elle a mis plus de deux ans à construire son projet de vie autonome. Aujourd’hui, elle vit seule, accompagnée par le dispositif « habitat inclusif ». Elle participe à des activités collectives, s’intègre dans la vie de quartier, prend ses décisions, organise son quotidien. « Ce n’est pas mettre un groupe dans un immeuble qui fait l’inclusion. C’est accompagner individuellement les parcours de vie. C’est respecter les rythmes, les désirs, les besoins ».

Un engagement militant et réaliste

Porter un tel projet ne va pas sans obstacles. Financier d’abord. Le projet Colbert n’a, à ses débuts, reçu aucun soutien massif. « On nous a dit qu’on était fou. Mais on l’a fait. Aujourd’hui, on prouve que c’est possible ». Car si l’inclusion coûte de l’argent au départ, elle permet des économies sur le long terme. Moins de dépendance, plus d’autonomie, plus de participation sociale : autant d’éléments qui allègent les coûts sociaux et améliorent la qualité de vie. Mais c’est surtout un investissement éthique. « Une société qui ne s’occupe plus de ses plus vulnérables est une société malade ».

Un espace ouvert, un projet pour tous

L’espace Colbert n’est pas un lieu fermé, réservé à quelques-uns. Il est pensé comme un outil au service de tous : institutions, associations, citoyens, entreprises louent les salles de réunions et y organisent leurs temps de rencontre et d’échanges. « Ce qui compte, c’est que ce lieu existe, qu’il montre que c’est faisable. Il est à disposition de tous. » L’inclusion ne se résume pas à des slogans ou à des événements ponctuels. Elle nécessite un changement de mentalité profond. Et ce changement, l’Adapei 58 l’entame pierre par pierre, rencontre par rencontre, action après action.

Un plateau inclusif pour innover ensemble

Dernière pierre à l’édifice : le plateau inclusif, installé 3e étage de l’espace Colbert. Ce lieu de travail partagé accueille aussi l’équipe de direction de l’Adapei, le service inclusion et le Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM TSA).  L’idée est simple mais ambitieuse : favoriser les coopérations improbables, provoquer les rencontres, faire émerger des projets innovants au service de l’inclusion. C’est un espace vivant, modulable, ouvert aux idées nouvelles, où l’intelligence collective prend tout son sens où un travail a été réalisé afin de permettre à chacun de vivre en harmonie. « On ne résout pas les défis de l’inclusion chacun dans son coin. Ce plateau est un levier pour créer ensemble, autrement ».

Le pouvoir du collectif et des partenariats

L’une des grandes forces du projet Colbert, c’est sa capacité à fédérer. Des partenariats solides ont été noués avec le monde économique, avec les associations, avec les collectivités. « Plus on est nombreux à tirer dans le même sens, plus les choses peuvent changer. Le handicap ne concerne pas qu’un petit nombre. Il est l’affaire de toute la société ». Et cette société, l’Adapei 58 veut l’ouvrir. Pas seulement aux personnes handicapées, mais aussi à leurs talents, à leurs compétences, à leur humanité. « On n’est pas tous faits pour entrer dans les mêmes cases. Et c’est ça qui fait la richesse de notre société ».

Vers une société pleinement inclusive ?

Le chemin est encore long. Beaucoup d’idées reçues persistent. Le mois de l’inclusion, organisé localement, a montré qu’il restait un travail colossal à mener en matière de sensibilisation. « Les gens pensent qu’un atelier avec des handicapés, c’est ça l’inclusion. Non. L’inclusion, c’est tous les jours, partout ». Changer la société, c’est aussi changer le regard que les personnes non concernées portent sur le handicap. « Ce n’est pas parce que vous ne voyez pas le handicap sur un visage qu’il n’est pas là. Et ce n’est pas parce que quelqu’un est différent qu’il n’a pas sa place ».

Bâtir une société digne pour tous

L’espace Colbert n’est pas une fin en soi. C’est un début. Une preuve concrète que l’inclusion, la vraie, est possible. Elle demande de l’énergie, des moyens, de la volonté. Mais elle porte ses fruits. Les réussites d’Ombeline, du Bouillon, de la crèche, sont autant de témoignages de cette dynamique du changement. Ce sont des victoires silencieuses, faites de petits pas et de grandes convictions. Et elles rappellent une chose essentielle : toute société digne de ce nom doit savoir accueillir chacun, avec ses forces et ses fragilités.  

Le SESSAD du Fil d’Ariane s’installe dans de nouveaux locaux pour mieux accompagner les enfants

Face à l’évolution de ses missions et à l’augmentation des effectifs, l’association Le Fil d’Ariane a fait le choix d’acquérir un nouveau bâtiment pour y installer son siège, le SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins A Domicile) et la Plateforme de Coordination et d’Orientation (PCO). Ce lieu a été pensé pour offrir un meilleur cadre de travail aux équipes et une qualité d’accueil renforcée pour les enfants et leurs familles. Le SESSAD a un agrément de 36 places, 25 places pour des enfants porteurs de surdités moyennes et profondes et 11 pour des enfants présentant des troubles du neurodéveloppement. Une équipe pluridisciplinaire accompagne chaque année jusqu’à 45 enfants. Une spécificité du service est de pouvoir suivre très précocement des enfants de moins de trois ans, avant même l’obtention d’une notification de la MDPH. Les prises en charge se font principalement à domicile ou en milieu scolaire. Ces nouveaux locaux, totalement pensés pour l’accueil des familles et des enfants en situation de handicap intègrent aussi deux salles spécialisées : l’une pour la psychomotricité, l’autre dédiée à la sensorialité. Un projet novateur est en cours : le « SESSAD Pro », destiné aux adolescents et jeunes adultes, vise à les accompagner vers l’autonomie et l’insertion professionnelle, à travers des ateliers pratiques, des soutiens aux examens et un travail renforcé sur la responsabilisation. Un pas de plus vers une inclusion durable.

Veille législative

  • Depuis le 1er juillet 2025, dans la Nièvre, les sections soins et dépendance en EHPAD fusionnent, avant une généralisation nationale en 2027. • 3 zones rouges devant accueillir les médecins engagés dans la solidarité territoriale sont identifiées dans la Nièvre parmi les 151 au niveau national. • Depuis le 23 juin tout médecin peut prescrire, en initiation comme en renouvellement, les médicaments GLP-1 Wegovy (sémaglutide), Mounjaro (tirzépatide) et Saxenda (liraglutide) pour traiter l’obésité.
 

Mouvement des pros

Mouvement sur le territoire : – le Dr Émilie Mignon, médecin généraliste, rejoint la maison de santé de Coulanges-lès-Nevers.  

Nouveautés

Service de portage de repas au CIAS les Bertranges

Depuis le 15 juillet, un service de portage de repas a été mis en place par le CIAS les Bertranges sur tout le périmètre de la communauté de communes. Informations et inscriptions : Au 03 86 70 07 43 ou par email à : portage.repas@ciasbertranges.fr  

« Un temps pour soi »

Ce nouveau service du CCAS de la ville de Nevers intervient gratuitement au domicile des couples bénéficiant du SSIAD de Nevers pour permettre à l’aidant de quitter son domicile en toute tranquillité pendant 2h. Renseignements au 03 86 71 80 26  

Congrès Emeraude 58

PANSER LE CORPS POUR PENSER LE CORPS Mardi 3 février 2026 Programme et inscriptions en cliquant ici 
Cliquez ici pour télécharger la Brève du DAC #33 au format PDF

Partager cette publication