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Fauteuil roulant : comment se déroule désormais la prescription ?

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Depuis la réforme de la prise en charge des fauteuils roulants, prescrire un fauteuil ne consiste plus simplement à rédiger une ordonnance. Le parcours prévoit désormais plusieurs étapes pour évaluer précisément les besoins de la personne et déterminer le matériel le plus adapté. Pour comprendre concrètement ce qui change au niveau de la prescription, nous avons rencontré le Dr Véronique Khouri, spécialiste en médecine Physique et de Réadaptation.

Le médecin généraliste, première étape du parcours

Lorsqu’un patient rencontre des difficultés de marche et qu’un fauteuil roulant, manuel ou électrique, paraît nécessaire, il commence par consulter son médecin généraliste. Celui-ci identifie la nécessité d’un fauteuil et adresse ensuite le patient à l’équipe chargée de réaliser l’évaluation.

Pour le Dr Khouri, le contenu de cet adressage est essentiel. Elle demande au médecin généraliste de préciser les pathologies, les antécédents et les principales problématiques rencontrées par la personne. « Il nous faut la pathologie et les antécédents qui nous permettent de voir la pertinence de la prescription. » L’objectif est d’éviter de devoir reprendre tout ce travail lors de la consultation et de disposer dès le départ des éléments permettant de comprendre la situation du patient.

Une évaluation au-delà de la simple ordonnance

Le patient est ensuite reçu par une équipe comprenant notamment un médecin et un ergothérapeute, en lien avec le prestataire qu’il a choisi. L’évaluation médicale permet de vérifier que les déficiences et les pathologies justifient l’utilisation d’un fauteuil, mais aussi de rechercher d’éventuelles contre-indications.

Le type de fauteuil est également déterminé en fonction du quotidien de la personne. Son autonomie, son lieu de vie, son environnement, ses habitudes et l’aide éventuelle de son entourage sont pris en compte. Pour un fauteuil électrique, par exemple, certaines difficultés visuelles ou cognitives peuvent nécessiter une adaptation particulière, voire rendre son utilisation inadaptée.

L’ergothérapeute complète cette évaluation en observant les capacités de la personne à manipuler et à conduire le fauteuil. Des essais sont réalisés, notamment en intérieur et en extérieur, afin d’identifier les difficultés rencontrées en situation réelle.

Définir précisément le fauteuil

À partir de ces différentes évaluations, l’ergothérapeute établit un véritable cahier des charges. Dimensions de l’assise, position de la commande, repose-jambes, repose-tête, type de motorisation ou encore utilisation à l’intérieur et à l’extérieur : chaque élément est étudié en fonction des besoins du patient.

Deux fauteuils correspondant à ces préconisations sont ensuite proposés pour être essayés au domicile, généralement pendant une semaine chacun. Une seconde commission permet de faire le bilan avec le patient et de retenir le modèle le plus adapté. Il arrive même que les deux essais ne soient pas concluants et qu’il soit nécessaire de reprendre la réflexion.

Une prescription plus personnalisée, mais plus chronophage

Pour le Dr Khouri, cette nouvelle procédure permet donc de mieux adapter le fauteuil à la réalité de la vie du patient. Mais elle représente aussi une charge de travail importante pour les professionnels. « Ça complique la tâche et ça double le temps d’activité », estime-t-elle, notamment depuis que cette procédure concerne également les fauteuils roulants manuels.

Le parcours de prescription est ainsi devenu plus structuré et plus collectif : de l’adressage par le médecin généraliste aux évaluations médicales et ergothérapiques, jusqu’aux essais en situation réelle, chaque étape vise à s’assurer que le fauteuil retenu corresponde réellement aux besoins de la personne.

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